idée-s

Contributions sur les systèmes d’information et le réseautage dans la Santé.
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Contributions sur les systèmes d’information et le réseautage dans la Santé.
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https://www.idee-s.info


jeu

jeudi 12 décembre 2019  -> Ecrire

Soin et Solidarité

Le soin et la démocratie nécessitent tous deux la solidarité ?
Ne pas soutenir le soin, c’est ruiner la solidarité qui fonde l’état de droit. La solidarité est l’espace central, le lieu commun entre le soin des individus et le bon gouvernement selon l’état de droit. Nous ne pouvons pas nous reposer politiquement, en termes de régulation collective, sur la compassion, même si c’est un sentiment très important et qui peut être aussi très efficace. De ce point de vue, le soin est un humanisme qui se développe en solidarité, pour ne pas dire en « solidarisme », une philosophie politique trop oubliée.
Cynthia Fleury – « Ne pas soutenir le soin, c’est ruiner la solidarité » – La Croix, vendredi 28 juin 2019

jeudi 04 juillet 2019  -> Ecrire

responsabilité

Cela ne vous amène-t-il pas à dire qu’il y a une responsabilité des robots ?
Si l’on s’en tient au droit, le schéma de la responsabilité humaine est fondé sur deux concepts : celui d’intention et celui de conséquence des actes, que l’on appelle la causalité. Vous sentez bien qu’il n’y a ni intention, ni causalité chez les robots.
Alain Bensoussan – interview par Alain Guillemoles et Loup Besmond de Senneville La Croix jeudi 27 juin 2019

jeudi 13 juin 2019  -> Ecrire

illectronisme

Avec la dématérialisation rapide des démarches administratives, les difficultés se multiplient pour les non-connectés mais aussi pour un nombre important de connectés. Comment changer la donne ?
Le deuxième point à retenir de votre étude, c’est que les intéressés eux-mêmes ne sont pas si « nuls » que ça ! L’illectronisme existe mais n’est pas aussi massif qu’on voudrait le dire. Beaucoup de personnes âgées sont équipées, beaucoup se débrouillent, beaucoup ont une opinion positive sur le numérique.
La responsabilité principale de ce que j’appelle l’empêchement de l’accès
aux services publics et de l’accès aux droits par les procédures virtuelles, c’est celle de l’administration et des services publics qui n’ont pas pris les dispositions pour que les personnes les plus vulnérables ou les moins connectées puissent y accéder à égalité avec les personnes qui sont capables d’effectuer des démarches en ligne sans difficultés.
Interview Jacques Toubon – défenseur des droits – SeniorActu 29/06/2018

jeudi 02 mai 2019  -> Ecrire

résilience

Le psytoyen, c’est l’individu tel qu’il est fabriqué par la psychologie positive, la grande idéologie du XXIe siècle. C’est quelqu’un qui ne vit plus sa relation à la société à travers un grand récit collectif politique mais en tant que sujet isolé ayant un projet personnel et psychique à réaliser : la quête de son moi authentique, la recherche de son best possible self (BPS, « meilleur moi possi​ble »), son épanouissement personnel maximal. Cette quête s’avère une gigantesque entreprise de recyclage du négatif en ressource positive, illustrant l’adage « Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ». Soit le princi​pe même de la résilience, aptitude à « rebondir » sur nos malheurs et nos traumatismes, popularisée en France par Boris Cyrulnik. La résilience est en fait une notion très normative qui, en re​cyclant des récits de souffrance en récits de développement personnel, neutralise toute plainte ou contestation.
Interview Eva Illouz Télérama (Juliette Cerf) – Septembre 2018

jeudi 11 avril 2019  -> Ecrire

Les algorithmes exacerbent les inégalités

Le Monde : Comment avez-vous pris conscience que les algorithmes pouvaient représenter un danger ?
Cathy O’Neil : Je travaillais auparavant dans la finance, en lien direct avec la modélisation des risques. Et ce que j’ai réalisé, c’est que ces algorithmes n’avaient jamais été conçus pour être vraiment corrects : car si les risques étaient sous-estimés, alors nous gagnions plus d’argent. Ça a été l’une des principales causes de la crise financière de 2008.
Vous vous souvenez des titres adossés à des créances hypothécaires, notés triple A ? Cette note était censée dire que, mathématiquement, ils avaient peu de risques de s’effondrer. Alors que c’était faux. Mais les gens y croyaient, parce qu’ils font confiance aux maths.
LE MONDE | 07.11.2018 & 08.11.2018 – Propos recueillis par Morgane Tual

jeudi 21 février 2019  -> Ecrire

paroles

La disparition des institutions, des services publics, des centres-villes, et même des caissières dans les supermarchés, recoupe une même réalité, plus large, plus fondamentale : nous sommes des êtres parlants et nous avons besoin de lieux pour nous parler. À la poste comme au centre des impôts, à la boulangerie du coin, avec l’artisan qui travaille sur la rue, nous avons besoin d’échanger, parfois même des propos vides de sens, des commentaires sur le temps qu’il fait ou qu’il va faire.

Même les conversations les moins souhaitables nous manquent : les négociations avec le gendarme qui nous arrêtait pour excès de vitesse et que l’on tentait d’attendrir avec notre mère à l’hôpital ou notre petit dernier qui attendait notre retour.

De ce jeu avec le langage aussi, le flash du radar a eu raison. On peut d’ailleurs se demander si les gilets jaunes s’en sont pris à ces machines parce qu’elles retirent des points sur leur permis de conduire ou parce qu’elles symbolisent, à leur manière, cette annulation de la parole.

Jean-Pierre Winter « Nous vivons une crise de la parole autant qu’une crise économique » Entretien avec Béatrice Bouniol La Croix 18/2/2019

jeudi 07 février 2019  -> Ecrire

Animateur

Il est dérangeant, le visage de la vieille dame assise face au robot placé sur une table. Elle le regarde intensément tandis qu’il l’invite, comme le raconte l’article, à des mouvements de gymnastique douce. Elle a posé sa canne. Elle lève ses belles mains et sourit. Dérangeant, parce qu’elle joue le jeu et semble y prendre intérêt et plaisir. Est-elle, comme chacun de nous, fascinée par les prouesses techniques qui ont permis l’élaboration de ce robot ? Est-elle d’accord pour participer à l’exercice ? Préférerait-elle un animateur en chair et en os ? La photo ne le dit pas.
Relation humaine – Dominique Quinio – La Croix, lundi 4 février 2019

jeudi 24 janvier 2019  -> Ecrire

Considération

Dans cette approche, on voit que l’écologie ne se réduit pas à la lutte contre la dégradation des ressources ou l’érosion de la biodiversité, mais qu’elle interroge notre manière d’être au monde et notre subjectivité. De même, pour que la transition écologique ne soit pas vécue comme une simple contrainte, un fardeau, il faut que l’on sente son appartenance au monde commun, à l’oïkos ou foyer des terriens. La communauté de destin nous unissant aux autres vivants dont la vie nous est confiée n’est pas une idée abstraite, mais elle est éprouvée.[…] Ainsi, considérer (cum sidus, sideris) signifie regarder chaque chose comme s’il s’agissait d’une constellation d’étoiles, en reconnaissant sa valeur propre et en la situant dans un ensemble, en lui faisant de la place, voire en l’encourageant à trouver sa place.
Promouvoir un monde habitable – Entretien avec Corine PELLUCHON – Études – Janvier 2019 – n° 4256

jeudi 08 novembre 2018  -> Ecrire

éprouver

« Elle [l’intelligence artificielle] est un outil de plus, formidable, mais doit rester un outil, commente le père Thierry Magnin, physicien, théologien et recteur de l’Université catholique de Lyon. Le grand fantasme, quand on parle d’une intelligence artificielle qui dépasserait l’homme, c’est d’imaginer que penser égale calculer. Mais l’intelligence humaine ne se réduit pas à du calcul ! Elle est aussi une capacité à discerner, à ressentir. Une machine peut simuler des émotions. Elle ne les éprouve pas. »
Cité par Alice Le Dréau – Intelligence artificielle, quelle place pour l’humain ? – La Croix 6/11/2018

jeudi 04 octobre 2018  -> Ecrire

eco-santé

« La protection de la santé ne peut pas se limiter à l’homme et à l’animal, elle doit prendre en compte les écosystèmes, c’est à dire des facteurs comme la pollution de l’air, le réchauffement climatique ou encore la fertilité des sols« , affirme le chercheur Jakob Zinsstag. Le concept de « santé partagé » n’est pour lui qu’un aspect de l' »EcoHealth », une sorte d’écosystème de santé universel.
Judith Blage – l’animal, un patient comme les autres – Courrier International n°1457 du 4/10/2018 p.46

jeudi 06 septembre 2018  -> Ecrire

attention

Il y a quelque chose de voisin entre ­filmer et soigner. Les outils ne sont pas les mêmes, mais il s’agit toujours de faire preuve d’attention. Il m’est ­arrivé d’en parler aux étudiants que je ­filmais. Je leur disais : « Ce que vous apprenez ­requiert une écoute. Je fais un peu la même chose ; j’essaie de m’approcher, de comprendre, de filmer en ­essayant de ne pas faire trop mal. »
Nicolas Philibert – Interview par François Ekchajzer – Télérama n°3581 p.39 29/8/2018

jeudi 30 août 2018  -> Ecrire

accélération

Résonner alors, c’est refaire chanter le monde ?

Avec la résonance, j’ai voulu nommer et définir une relation au monde, une forme de vie qui ne soit pas aliénée, une vie bonne en somme. J’ai puisé dans mon expérience personnelle, et me suis demandé pourquoi certains jours je me sens au diapason du monde, appelé par mille idées et envies, mille cordes vibrantes, alors que rien ne résonne certains jours.[…]La résonance devient un critère de vie réussie : nous sommes non aliénés lorsque nous entrons, physiquement, en résonance avec le monde – avec notre regard, notre épiderme, notre respiration, notre rythme cardiaque.
Interview de Hartmut Rosa par Juliette Cerf – Télérama n°3581 29/8/18