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Contributions sur les systèmes d’information et le réseautage dans la Santé.
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Contributions sur les systèmes d’information et le réseautage dans la Santé.
publiées sur
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jeu

jeudi 04 juin 2009  -> Ecrire

socialiser

Il n’y a pas d’innovation sans invention, mais il existe beaucoup d’inventions qui ne produisent aucune innovation. L’innovation consiste à socialiser des inventions technologiques, elles-mêmes issues de découvertes scientifiques. Innover, c’est produire du nouveau (méthodes, objets, services) pour l’installer sur un marché. Et la guerre économique se livre sur ce terrain de l’innovation.
Bernard Stiegler – Interviewé dans Télérama n° 3099 p.22 06/2009

jeudi 28 mai 2009  -> Ecrire

Calculés

Désormais, où que nous soyons, quoi que nous fassions, nous voilà calculés et ciblés, de manière neutre, distante, mais parfaitement ajustée.[…]
Ce qu’on oublie, si l’on a le regard exclusivement fixé sur les chiffres, c’est la réalité vécue, qui ne coïncide jamais, en fait, avec les statistiques. Le taux de suicide est stable, fort bien.Cela ne dit rien de la personne qui, tout à l’heure, mettra fin à ses jours. Les statistiques de l’emploi sont mauvaises, voilà qui est préoccupant. Pour celui qui ne sait pas comment nourrir ses enfants la semaine prochaine, le drame est pourtant unique. Les statistiques dessinent un monde. Les personnes vivent dans un autre. Voilà une évidence à ne pas oublier. Sinon, on perd en humanité ce qu’on gagne en savoir.
Roger-Pol Droit – Les Echos – p.15 – 27/5/2009

jeudi 21 mai 2009  -> Ecrire

compréhension

Au compromis je préfère la compréhension – qui introduit une réflexivité entre les cultures. Quand les cultures entrent dans cet éclairage réciproque, elles bougent nécessairement de l’intérieur, car cela les remet au travail, chacune de son côté. Autrement dit, dans le dia-logue des cultures, il faut entendre à la fois le dia de l’écart et le logos de l’intelligence. Ce n’est plus une notion lénifiante recouvrant un rapport de force, mais un dispositif opératoire : réfléchir l’autre entraîne nécessairement une reconfiguration de soi.
François Jullien Interview Le Point n°1912 p. 113 – 7 mai 2009 à propos de « Les transformations silenciences » Ed. Gallimard

jeudi 14 mai 2009  -> Ecrire

construire

« Dans les espaces de calme ouverts par la lecture soutenue et sans distraction d’un livre, ou d’ailleurs par n’importe quel autre acte de contemplation, nous faisons nos propres associations, construisons nos propres inférences et analogies, nourrissons nos propres idées. La lecture profonde est indissociable de la pensée profonde. » […]
« A mesure que nous devenons de plus en plus dépendants d’Internet, nous commençons à penser sur les mêmes modèles de fonctionnement. A mesure que nous nous servons des ordinateurs comme intermédiaires de compréhension du monde, je crains que notre propre intelligence ne devienne artificielle. »
Nicolas Carr – Interview Libération 29/04/2009

jeudi 07 mai 2009  -> Ecrire

Ennui ?

L’ennui, à la fois sentiment, émotion et état, n’a pas bonne réputation en éducation. Une sourde culpabilité plane sur le parent, sur l’éducateur qui laisse l’enfant s’ennuyer. […] La valeur de nos vies ne tient pas à ce que nous faisons par peur de la mort ou du vide, mais à la réponse que nous donnons en liberté et en vérité à nos aspirations profondes d’être vivant : tel est le message à faire découvrir à nos enfants lorsqu’ils cherchent à sortir de leur ennui.
Agnès Auschitzka – Du bon usage de l’ennui en éducation – Les Etudes n°2009/2 p. 231

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Exigence

Vouloir équilibrer les budgets d’hôpitaux dont les recettes progressent chaque année, ce n’est pas en faire des entreprises commerciales en quête de profit. Prétendre cela, comme le font les opposants à la réforme, c’est confondre rentabilité et efficience. L’efficience, c’est cette exigence d’allocation optimale des ressources commune à tous les services publics. Dans la santé, c’est s’assurer que chaque euro dépensé l’est à bon escient.
Jean-Francis Pécresse – Hôpital: la bataille de l’efficience – Les Echos p. 16 29/4/2009

jeudi 30 avril 2009  -> Ecrire

puissance en crise

Les puissances de ce monde se divisent visiblement en deux groupes non symétriques, d’une part les autorités constituées et de l’autre la foule. En règle générale, les premières l’emportent sur la seconde ; en période de crise, c’est l’inverse. Non seulement la foule l’emporte mais elle est une espèce de creuset où viennent se fondre même les autorités les moins ébranlables en apparence. […] La foule est si puissante qu’elle n’a pas besoin de rassembler toute la communauté pour obtenir les résultats les plus surprenants.
René Girard – Le Bouc émissaire – p.171 – Ed. Le Livre de Poche (1° publ. 1982)

jeudi 23 avril 2009  -> Ecrire

arrogance économique

L’arrogance est d’imaginer que l’on peut, tel Napoléon, se coiffer soi-même de la couronne de l’Empereur, en prétendant se mettre de son propre chef en position d’extériorité, c’est-à-dire d’autorité. On voit chaque jour ce qu’il en coûte : les « autorités » qui injectent en quantités astronomiques des liquidités destinées à « rassurer les marchés » produisent tout simplement l’effet contraire. Les marchés concluent que seule la panique peut expliquer qu’on en arrive à de telles extrémités. Parler de la « reconstruction du capitalisme » au moyen de la régulation des marchés est d’une naïveté confondante, car cela suppose que l’on a déjà résolu le problème inouï que constitue la disparition de toute extériorité. En occupant toute la place, l’économie s’est condamnée elle-même.
Jean-Pierre Dupuy – La crise et le sacré – Etudes Mars 2009 n° 4103 p 341 –

jeudi 16 avril 2009  -> Ecrire

Bonus Malus

Trop souvent, le nez collé sur l’écran ou le papier, nous finissons par ne plus saisir les arrière-plans des mots que nous avons sous les yeux. […]
La logique du bonus est celle du court terme, alors que l’ancien « summum bonum» supposait une logique de l’éternité. […] En tirant le fil d’un mot banal, ce sont de grands pans d’histoire qui se dessinent. Nous semblons n’en avoir presque plus l’usage. Nous est-il vraiment devenu si difficile de discerner, sous les termes quotidiens, les grandes lignes de pente qui traversent les siècles ? Il n’y a pas si longtemps, en 1886, Nietzsche publiait « Par-delà le bien et le mal ». En serions-nous réduits à ne lire que la version grotesque, « Par-delà bonus et malus » ?
B comme bonus… Chronique de Roger-Pol Droit, Les Echos 15/4/09 – p. 13

jeudi 09 avril 2009  -> Ecrire

Oubli

On oublie souvent que Smith ne considérait pas le mécanisme de marché en tant que tel comme un garant d’excellence, pas plus qu’il ne voyait dans la recherche du profit la seule motivation.
Relisons Adam Smith autrement – Amartya Sen – C.I. n°961 p. 63 Avril 2009 (Financial Times Londres)

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Jeudi pascal

Arcouest

jeudi 02 avril 2009  -> Ecrire

maladie ou Maladie

La langue anglaise, plus rigoureuse que le français sur ce point, a donc raison de distinguer disease, qui désigne la maladie objectivement définie par le savoir médical, illness, qui vise le pâtir tel qu’il est vécu, et sickness, qui renvoie à la dimension socioculturelle du mal. Il n’en résulte pas un champ d’intervention extensible à l’infini, comme le suggère la malencontreuse expression de « prise en charge globale ». Car si le patient est totalement une personne, il ne s’ensuit pas que sa personne même se réduit entièrement au patient qu’il est également. La différence entre les deux est l’espace occupé par sa liberté. Une médecine qui prendrait en charge tout l’univers de la personne retomberait dans l’hubris en se faisant totalisante et totalitaire.
(La médecine en hubris et phronesis – Dominique Folscheid – www.agora.qc.ca – 2005) 200608