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Contributions sur les systèmes d’information et le réseautage dans la Santé.
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Contributions sur les systèmes d’information et le réseautage dans la Santé.
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jeu

jeudi 29 octobre 2020  -> Ecrire

expert

Évidemment le meilleur des experts, c’est celui qui dit «je ne sais pas». Ceux-là, et ils sont rares, ont l’honnêteté d’avouer que le virus continue à leur échapper et, lucides, ils avouent être incapables de prédire sa trajectoire future. Ils parlent d’une voix posée et douce. On sent chez eux l’amour de la pondération, de la bonne parole, du mot juste. Ils ne font pas dans la provocation ni dans la surenchère verbale et jugent d’un air sévère leurs confrères qui s’agonisent d’injures en s’envoyant des deuxièmes vagues à la figure.
Ceux-là nous sont précieux.
Les autres, tous les autres, peuvent aller se rhabiller.
Laurent Sagalovitsch 14 octobre 2020 – Les experts, ces idiots plus ou moins utiles des plateaux de télévision – www.slate.fr

jeudi 24 septembre 2020  -> Ecrire

Déraison

Chaque jour, la principale « nouvelle » rapportée par les médias porte sur le nombre de morts. Il est naturel, dans ces conditions, de désirer que rien ne se passe ou alors que tout se passe ailleurs que dans le monde sensible. Pour se consoler du possible perdu, on a recours au virtuel (télétravail, apéros en ligne, séries consultables sur Internet, cybersexe). Mais le virtuel est tout l’inverse du possible, il est la réduction du réel à l’imagerie numérique8. C’est pourquoi exiger le confinement total, s’indigner des resquilleurs, déplorer les vies déviantes, contrôler d’un œil furtif que nos voisins chaque soir mettent bien les deux mains à applaudir, ne demande aucun courage, ne procure aucune fierté. S’il y a un ennemi à craindre, dans l’isolement peuplé d’images où nous nous trouvons, c’est l’impraticable devenu la loi de l’avenir.
Michael Foessel, Camille Riquier – Déraison de guérir – Revue Esprit

jeudi 21 mai 2020  -> Ecrire

Manière éclairée

Alors que le déconfinement se met en place, nous devons adopter des comportements visant à limiter la diffusion du coronavirus, des comportements protecteurs pour soi-même et protecteurs pour l’autre. Il est paradoxal de constater que le champ lexical de la « peur » a accompagné le lancement des différentes mesures (discours martial, notion « d’irresponsables »), alors même que la santé publique cherche à développer le savoir, la motivation, la capacité des citoyens à accéder, comprendre, évaluer et utiliser l’information de santé, pour que chacun puisse décider de manière libre et éclairée.
Karim Ould-Kaci, Éric Chenut – The Conversation – 19 mai 2020

jeudi 23 avril 2020  -> Ecrire

Stupide

Tout à fait. Ce qu’on appelle l’Anthropocène a évidemment commencé avec la première sédentarisation, bien avant le 19e siècle. Toutefois, la destruction de la nature qui permet aux hommes de vivre a débuté tardivement, au moment de l’industrialisation. C’est ce que j’appelle le STUPIDOCENE, en majuscules dans le texte! A partir de ce moment, il y a eu à la fois une accélération du phénomène et une prise de conscience que ce développement industriel fulgurant est totalement destructeur. Néanmoins, on continue à s’enfoncer et on agit bien trop peu. Pendant longtemps, on a vécu avec l’illusion de la maîtrise. On pensait que la machine et la chimie allaient tout réguler. Ce qui est évidemment un leurre.
Gilles Clément – « Grand Entretien » – Imagine Magazine 121 – Mai-Juin 2017 p85

jeudi 09 avril 2020  -> Ecrire

punition

Avec cette approche, la sanction n’est pas tant le fléau en lui-même que la façon d’y répondre.

COVID-19 : un autre fragment d’anthropologie mimétique – Hervé van Baren – 17/03/2020 – emissaire.blog

jeudi 02 avril 2020  -> Ecrire

épidémie

Attention. La langue, même les cris les plus insensés, propagés devant eux, autour d’eux par les invasifs, deviennent eux-même invasifs. Il suffit de descendre encore les étages de l’échelle, au débarquement de tantôt : soldats, rats, puces, microbes, vivants de taille et de puissance encore plus ténues, puis en deçà de ces monocellulaires, sous la molécule, derrière l’atome… franchir alors la barrière du dur, entropique, et parvenir à l’information, que je viens de dire douce, aux appels, aux signes, au langage. Ils peuvent s’expanser de la même façon dans le temps et l’espace.
Ainsi les publicités, images et mots, ainsi les succès, les triomphes, les gloires, réussites expansives de toute farine, miment les épidémies, celles-ci causées par la reproduction de ces bêtes infimes, celles-là par les trompes de renommée, imprimerie, Toile, médias…. machine à fabriquer de l’invasion. L’horreur multiple des affiches, aux entrées des villes, reproduit, en laideur nauséeuse, les conflits cacophoniques déclarés par ces criards? Nos corps souffrent, en retour, des signaux qu’ainsi nous dispersons. Quoi d’étonnant, dès lors, si, par exemple, des restaurations à bouffe rapide, dont les logos et les cartons se propagent partout dans le mode, propagent des maladies comme l’obésité, où le corps, invasif à son tour, se propage par l’espace ?
Mais nous n’avons pas, non plus, à nous vanter d’avoir inventé l’invasif par le doux. Voici.
Michel Serre, Biogée, § Faune et Flore p.95-96 – Ed. Poche Le Pommier 2010 – 2013

jeudi 12 mars 2020  -> Ecrire

liquide…

La Suède se vantant dʼadopter au plus tôt les nouvelles technologies, ces performances étaient célébrées comme le signe dʼune société «agile», rapide, efficace… jusquʼà ce 1er janvier 2020. La nouvelle année a vu en effet lʼentrée en vigueur dʼune loi sur «lʼobligation des institutions de crédit de fournir des services en argent liquide», aux dispositions plutôt radicales dans cette économie «tout numérique».[…] Ainsi, la motivation profonde de cette nouvelle loi, et donc de ce revirement, est avant tout sociale. Si lʼargent est injuste, ségrégateur, lʼargent numérique lʼest encore plus. Il implique, en Suède, dʼavoir un numéro universel dʼimmatriculation, un compte en banque, un domicile fixe, ce que nʼont pas les immigrés, les touristes ou les personnes dans des situations de grande précarité.
Letemps.ch 06/03/2020

jeudi 06 février 2020  -> Ecrire

dépassé ?

« En effet, explique Bruno Latour, proclamer que le passé est derrière nous, disqualifié, voilà qui n’est pas bon pour la Terre. Parce qu’elle n’est pas derrière nous ! Ni disqualifiable ! Si le passé est dépassé, alors il n’y a plus moyen de conserver ce que j’appelle les conditions d’engendrement de notre monde. L’opposition, qui me paraît cruciale, entre ‘production’ et ‘engendrement’ est fondée sur la relation au temps. »
Roger-Pol Droit – « Bruno Latour » – Les Echos 6 déc. 2019

jeudi 23 janvier 2020  -> Ecrire

solidarité et soin

Ne pas soutenir le soin, c’est ruiner la solidarité qui fonde l’état de droit. La solidarité est l’espace central, le lieu commun entre le soin des individus et le bon gouvernement selon l’état de droit. Nous ne pouvons pas nous reposer politiquement, en termes de régulation collective, sur la compassion, même si c’est un sentiment très important et qui peut être aussi très efficace. De ce point de vue, le soin est un humanisme qui se développe en solidarité, pour ne pas dire en « solidarisme », une philosophie politique trop oubliée. Cynthia Fleury – interview par Antoine Peillon – La Croix 27 juin 2019

jeudi 12 décembre 2019  -> Ecrire

Soin et Solidarité

Le soin et la démocratie nécessitent tous deux la solidarité ?
Ne pas soutenir le soin, c’est ruiner la solidarité qui fonde l’état de droit. La solidarité est l’espace central, le lieu commun entre le soin des individus et le bon gouvernement selon l’état de droit. Nous ne pouvons pas nous reposer politiquement, en termes de régulation collective, sur la compassion, même si c’est un sentiment très important et qui peut être aussi très efficace. De ce point de vue, le soin est un humanisme qui se développe en solidarité, pour ne pas dire en « solidarisme », une philosophie politique trop oubliée.
Cynthia Fleury – « Ne pas soutenir le soin, c’est ruiner la solidarité » – La Croix, vendredi 28 juin 2019

jeudi 04 juillet 2019  -> Ecrire

responsabilité

Cela ne vous amène-t-il pas à dire qu’il y a une responsabilité des robots ?
Si l’on s’en tient au droit, le schéma de la responsabilité humaine est fondé sur deux concepts : celui d’intention et celui de conséquence des actes, que l’on appelle la causalité. Vous sentez bien qu’il n’y a ni intention, ni causalité chez les robots.
Alain Bensoussan – interview par Alain Guillemoles et Loup Besmond de Senneville La Croix jeudi 27 juin 2019

jeudi 13 juin 2019  -> Ecrire

illectronisme

Avec la dématérialisation rapide des démarches administratives, les difficultés se multiplient pour les non-connectés mais aussi pour un nombre important de connectés. Comment changer la donne ?
Le deuxième point à retenir de votre étude, c’est que les intéressés eux-mêmes ne sont pas si « nuls » que ça ! L’illectronisme existe mais n’est pas aussi massif qu’on voudrait le dire. Beaucoup de personnes âgées sont équipées, beaucoup se débrouillent, beaucoup ont une opinion positive sur le numérique.
La responsabilité principale de ce que j’appelle l’empêchement de l’accès
aux services publics et de l’accès aux droits par les procédures virtuelles, c’est celle de l’administration et des services publics qui n’ont pas pris les dispositions pour que les personnes les plus vulnérables ou les moins connectées puissent y accéder à égalité avec les personnes qui sont capables d’effectuer des démarches en ligne sans difficultés.
Interview Jacques Toubon – défenseur des droits – SeniorActu 29/06/2018